Partie 1:
Ma tête ballote contre la vitre fraîche du métro, les yeux dans le vague dû à ma si mauvaise nuit, j'observe les gens qui peuplent le wagon. Jeune et plus vieux, aucun sourire sur le visage, tous endormis et renfermés sur eux même, aucune politesse, amabilité...Je soupire, me lève pour descendre à ma station et aide une jeune mère à porter sa poussette dans l'escalier. C'est au pas de course que j'entre dans l'hôpital pour prendre mon service ma casquette déjà en main pour gagner du temps. Une fois changé, je débute comme cela se passera tous les matins par ma visite au petit Axel.
Etendu sur son matelas, il me fixe un moment puis ses lèvres s'étirent, il se redresse difficilement et me regarde ouvrir sa fenêtre. Comme la veille, l'odeur est insupportable mais là impossible de passer outre, je m'excuse auprès de lui et prétexte une urgence pour pouvoir m'éclipser. Je ferme précipitamment la porte et m'y adosse, j'inspire fortement, tente de chasser les effluves des plaies du garçon de mon esprit. Des coulées de sueur glissent dans mon dos, je salive et commence à paniquer. C'est le c½ur au bord des lèvres que je me dirige en titubant vers les toilettes des employés. Accoudé au lavabo je me passe de l'eau sur le visage, souffle comme un b½uf mais l'envie est plus forte que moi. Au dessus de la cuvette ma tête tourne, mes doigts se crispent sur la lunette, mes jointures blanchissent mais je ne peux pas, je ne dois pas me laisser aller. Un aide soignant ne supportant pas les blessures de ses patients est il vraiment fait pour ce métier? Un haut de c½ur plus intense que les autres me fait plonger la tête au fond des toilettes, j'y déverse ma peine, ma douleur, mon incompréhension, ce poids si pesant.
Les larmes jaillissent de mes yeux sans que je ne puisse faire autrement que de les laisser glisser le long de mes joues. Je me vide littéralement, mon estomac se tord, mes entrailles me brûlent puis tout se stop brutalement. Je me laisse glisser contre la parois de la cabine et déroule le rouleau de papier toilette plus qu'il ne faudrait, me mouche et essuie le coin de ma bouche. Mes forces me reviennent, je tire la chasse d'eau et me traîne doucement vers les robinets pour rincer l'acidité de mes régurgitations. Mon crâne bouillonne de l'intérieur, tous les sons sont amplifiés et je maudit la personne à qui appartiennent les talons qui frappent sur le carrelage. La porte s'entrouvre, je lève les yeux de ma cuve et tente un regard vers celle-ci mais ne peut qu'apercevoir une silhouette sombre ressortir rapidement. Après quelques secondes d'hésitation, je finis par me redresser et sors de la pièce une fois ressaisi.
D'un pas lourd je retourne dans la chambre de mon patient, celle-ci maintenant bien aérée. Il m'interroge du regard et ne fais que lui sourire en guise de réponse. Comment dire à un enfant que ses horribles plaies m'ont rendu malade? Alors je fais comme si de rien n'était et le soigne délicatement. Je suis toujours aussi pâle et il l'a remarqué, il me demande d'ailleurs à plusieurs reprise si je suis malade. Les enfants à cet âge là comprennent tout sans qu'on ai besoin de leur dire, un regard et ils savent. Je le rassure et caresse tendrement sa joue avant de remettre son drap blanc sur le corps.
Mon prochain patient je ne l'ai pas encore rencontré, je ne sais pas s'il s'agit d'un enfant ou d'un adolescent, d'une fille ou d'un garçon, je ne sais rien de lui...Lorsque je pousse pour la seconde fois la porte de sa chambre, à ma grande surprise celle-ci est encore vide, le lit soigneusement fait et la pièce aéré. Quelqu'un est apparemment déjà venu s'en occuper pour moi, ce n'est pas improbable vu l'incident qui est survenu un peu plus tôt, j'ai honte,
honte de moi et de ma réaction.
Partie 2:
La tête dans mes mains, je souffle un coup avant de poursuivre mon travail. Mme Mahan ma patiente la plus âgé m'attend sur le pas de sa porte. Un sourire orne à présent mon visage, en effet malgré les coups durs il y a de bons côtés dans se que je fais. C'est une vieille dame en or, bien que ses brûlures soient assez importante, elle ne perd pas sa joie de vivre. Les yeux pétillants de malice du haut de son mètre cinquante elle m'accueille dans sa petite chambre remplit de fleurs et de cadres photos de ses enfants, petits enfants et de son chien Kiki. Comme la veille, elle a préparé la petite tablette où je déposes mes compresses et autres accessoires médicaux puis s'installe sur son lit.
Pendant que je la soigne, on entame un long débat sur la mode actuelle, la mode musical, vestimentaire... Connaissant ma propre grand-mère depuis ma plus tendre enfance, logique me direz vous, je n'aurais jamais pensé avoir une telle discussion avec une femme d'un âge aussi avancé. A ma grande surprise elle est assez ouverte, pour elle l'habit ne fait pas le moine, que l'on soit rapeur, rockeur ou plutôt banal, personne ne doit être jugé sur son aspect physique. Je souris intérieurement, en effet cette vieille femme ne m'a jamais vu accoutré comme j'aime le faire à l'ordinaire et cela m'apaise de savoir qu'elle ne me renierait pas, moi son médecin, pour mon style vestimentaire.
Annie à le don de me mettre à l'aise, je dois dire que j'aime ça, elle me raconte sa jeunesse, ses histoires de c½ur avec son ancien prince charmant et moi je l'écoute attentivement. Une fois les soins achevés, elle me prend dans ses bras, me souhaite une bonne journée en me glissant une marguerite dans la poche de ma veste. Je suis étonné par ce geste de tendresse à mon égard, ça me fait du bien de savoir que ma présence fait plaisir à l'un de mes patients, pour toute réponse je lui lance un clin d'½il avant de m'éclipser.
Ma journée se termine sans encombre et je m'accorde le droit de prendre un café avant de rentrer chez moi. C'est adossé au bureau d' Hannah que je le sirote tranquillement, j'ai toujours le teint pâle et tremble légèrement. J'observe les gens défiler, les visiteurs ainsi que les patients qui prennent un peu l'air pour ceux qui peuvent marcher... Je me suis changer et arbore un baggy noir cependant je porte toujours mon éternel couleur fétiche présente sur mon tee-shirt qui vous l'aurez compris est bien entendu blanc. Le blanc, la couleur de l'innocence, de la pureté, du paradis, du calme comme celui qui règne en ce lieu. Je fixe quelques instants une silhouette assise près de la grande baie vitré qui donne sur l'extérieur, cette jeune fille semble perdu dans ses pensées, un col roulé, une large écharpe de laine et un bonnet assorti la recouvre.
L'hiver Allemand est rude et je ferais mieux moi aussi de suivre son exemple et d'investir dans une veste plus épaisse. C'est sur cette réflexion que je m'engouffre hors de cette bulle chaude qu'est l'hôpital, mes pas faisant crisser la neige, l'atmosphère pesante peu à peu remplacé par le brouhaha des rues Berlinoises.
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Voilà pour le Chapitre 2
En esperant que ça plaise toujours
Si vous avez des questions je suis toujours ici pour y répondre
Bisous
_Calamiity.*